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mardi 22 septembre 2026

DISCOURS DU ROI,

 




DISCOURS DU RO
I,
Prononcé le 5 mai 1789, jour où Sa Majesté a fait l’ouverture des États-Généraux.

Messieurs,


Ce jour que mon cœur attendoit depuis long-temps est enfin arrivé, et je me vois entouré des représentants de la Nation à laquelle je me fais gloire de commander.

Un long intervalle s’étoit écoulé depuis les dernieres tenues des Etats-généraux ; et quoique la convocation de ces assemblées parût être tombée en désuétude, je n’ai pas balancé à rétablir un usage dont le royaume peut tirer une nouvelle force, et qui peut ouvrir à la Nation une nouvelle source de bonheur.

La dette de l’Etat, déjà immense à mon avénement au trône, s’est encore accrue sous mon regne : une guerre dispendieuse, mais honorable, en a été la cause ; l’augmentation des impôts en a été la suite nécessaire, et a rendu plus sensible leur inégale répartition.

Une inquiétude générale, un desir exagéré d’innovations, se sont emparés des esprits, et finiroient par égarer totalement les opinions, si on ne se hâtoit de les fixer par une réunion d’avis sages et modérés.

C’est dans cette confiance, Messieurs, que je vous ai rassemblés, et je vois avec sensibilité qu’elle a déjà été justifiée par les dispositions que les deux premiers Ordres ont montrées à renoncer à leurs privileges pécuniaires. L’espérance que j’ai conçue de voir tous les Ordres réunis de sentiments concourir avec moi au bien général de l’Etat, ne sera point trompée.

J’ai déjà ordonné dans les dépenses des retranchements considérables ; vous me présenterez encore à cet égard des idées que je recevrai avec empressement : mais malgré la ressource que peut offrir l’économie la plus sévere, je crains, Messieurs, de ne pouvoir pas soulager tous mes sujets aussi promptement que je le desirerois. Je ferai mettre sous vos yeux la situation exacte des finances ; et quand vous l’aurez examinée, je suis assuré d’avance que vous me proposerez les moyens les plus efficaces pour y établir un ordre permanent, et affermir le crédit public. Ce grand et salutaire ouvrage, qui assurera le bonheur du royaume au dedans, et sa considération au dehors, vous occupera essentiellement.

Les esprits sont dans l’agitation ; mais une assemblée des représentants de la Nation n’écoutera sans doute que les conseils de la sagesse et de la prudence. Vous aurez jugé vous-mêmes, Messieurs, qu’on s’en est écarté dans plusieurs occasions récentes ; mais l’esprit dominant de vos délibérations répondra aux véritables sentiments d’une Nation généreuse, et dont l’amour pour ses Rois a toujours fait le caractere distinctif : j’éloignerai tout autre souvenir.

Je connois l’autorité et la puissance d’un Roi juste au milieu d’un peuple fidele et attaché de tout temps aux principes de la Monarchie : ils ont fait la gloire et l’éclat de la France ; je dois en être le soutien, et je le serai constamment.

Mais tout ce qu’on peut attendre du plus tendre interêt au bonheur public, tout ce qu’on peut demander à un Souverain, le premier ami de ses peuples, vous pouvez, vous devez l’espérer de mes sentiments.

Puisse, Messieurs, un heureux accord régner dans cette assemblée, et cette époque devenir à jamais mémorable pour le bonheur et le prospérité du royaume ! C’est le souhait de mon cœur, c’est le plus ardents de mes vœux, c’est enfin le prix que j’attends de la droiture de mes intentions et de mon amour pour mes peuples.

Mon Garde des Sceaux va vous expliquer plus amplement mes intentions ; et j’ai ordonné au Directeur général des finances de vous en exposer l’état.

vendredi 18 septembre 2026

L'homme qui devenait transparent

Photo :Clément Rosset

 

Pour qu'une relation ne se dégrade pas il faut que les faiblesses de chacun ne se conjuguent pas.(Ludwig Wittgenstein)

Il y avait un nouveau coupable parmi nous et tous le désignaient du doigt. Ses amis, ses soutiens se débattaient devant les caméras des chaînes d'infos en continu, comme des mouches sur du miel.
On entendait distinctement de l'autre côté du poste le bruissement de leurs
ailes affolées qui fouettaient l'air.


La vie est-elle un songe?



Grands Dieux ? En cet instant flatteur,
Si le charmant aveu qui frappe mon oreille
N'est que l'effet d'un songe séducteur,
Faîtes que Sigismond jamais ne se réveille !
Mais s'il veille au contraire, au gré de ses souhaits,
Éloignez de ses yeux le sommeil pour jamais.



Général Stummitz (occupied !)




Synopsis & Info

Dans un futur proche, le Premier ministre norvégien, écologiste convaincu, annonce l’abandon, au profit d’énergies alternatives, de l’exploitation des énergies fossiles qui ont fait la richesse norvégienne. Mandatée par les États de l’Union européenne, la Russie décide aussitôt d’occuper le pays et d’y relancer les forages pétroliers. En quelques heures, Oslo et ses provinces sont mises sous tutelle. Sans chars ni bruits de bottes, la Russie étend son emprise, mettant désormais politiques et citoyens norvégiens face à un dilemme : résister ou collaborer ? Résister, au risque de tout sacrifier à des idéaux patriotiques et démocratiques abstraits, ou s’accommoder de cette omniprésence russe qui perturbe si peu, en apparence, l’ordre des choses ?




Charles se présenta devant le général le 21 avril au matin.

Il avait bien réfléchi et était parfaitement d’accord avec le général.

C’était l’occasion idéale d’entrer en contact avec les grands problèmes du monde civil. Le général, les mains dans le dos parlait tranquillement sûr de lui.






mercredi 16 septembre 2026

La bretagne du XXI è Siècle



Du nouveau sur les ondes:

- L'homme avait les yeux bandés et était ligoté, mais il a entendu le berger. Il a même entendu le chien haleter. Les moutons bêler et leurs cloches tinter lorsqu'ils sont passés si près de lui qu'ils ont caressé les jambes. Pendant les trois mois entiers où il a ensuite été enfermé, il s'est accroché à l'espoir laissé par ce moment. Mais le berger n'a jamais rien dit. Jamais informé qui que soit. Rien fait pour l'aider. Tout le monde a fermé les yeux. On appelle çà l'omertà, la fameuse loi du silence. (Vera Buck :Ecrivaine)

    A l'entendre glousser légèrement derrière son téléphone Gérard su qu'il avait visé juste. et pour couper court il dit abruptement:

-Écoute on a eu une réunion hier tard dans la soirée avec toute l'équipe autour d'un verre, çà bouillonnait grave, j’-te dis que çà ............bon faut que j’ te laisse bisous A+

Gérard ne savait pas quoi répondre de plus, il reposa le combiné, de toute façon sa décision était prise . Il allait lâcher pour un temps son bel appart parisien, Françoise trouverait bien quelqu'un pour l'occuper un temps. De toute façon Gérard avait déjà pris sa décision; il partait pour sa maison en Bretagne. C'était sans conteste la meilleure opportunité du moment, quitter enfin Paris et échapper un temps soit peu à une éventuelle surveillance et puis personne ne se doutait qu'il avait la fibre écologique. 

C'est vrai que depuis les années 90, Gérard avait suivi, comme tout le monde, l'évolution du changement climatique, le mot d'ordre de pas mal de gens et entrepreneurs à cette époque était:
 « Allons un peu plus au nord, il y fait moins chaud...». 
On l'accuserait sûrement encore de réfugié climatique de luxe mais qu'importe...on l'oublierait très vite. 

Las-bas en Bretagne en peu de temps, çà avait été l'eldorado: un doublement des touristes qui venaient chercher ici-bas un peu de fraicheur bien au delà de la saison haute. Les camping cars colonisaient presque toutes les villes moyennes en assurant une rente presque annuelle aux commerçants et super marchés du coin .
Mais le fait le plus marquant avait été l'implantation de plus en plus vaste de l'agroalimentaire qui avait connu un développement foudroyant en seulement quelques années façon "Almería", monoculture intensive sous abri, à la performance technologique et aux kilomètres de serres visibles par satellite, le champion est la coopérative Savéol (officiellement la Coopérative Maraîchère de l'Ouest), basée à Plougastel-Daoulas. Les parents de Gérard comme beaucoup de leurs connaissances avaient pris des parts dans cette société maraîchère qui n'avait cessé au fil des ans de grandir. 
C'était vraiment une bonne rente et au début de son développement, cette société montrait un visage on ne peut plus écolo. C'était enfin en Bretagne l'alternative aux élevages de porcs intensifs: une aubaine.
Mais voilà, les années grasses avaient passé, on étaient aujourd’hui en 2026 et on venait de vivre sur cette terre l'été le plus chaud depuis au moins 100 000 ans. Les serres maraîchères avaient du cesser toute activité vers la mi-aout. Tourisme intensif+ irrigation et arrosage = plus de flotte: une catastrophe.

Bernay

Quand Charles entra dans le bar du centre de Bernay vers 11h00 du matin, il ressentit aussitôt une atmosphère pesante. Les habitués levaient le coude en silence les yeux rivés sur l'écran de BFM TV accroché dans un coin qui diffusait encore en boucle les infos sur l'attentat à Paris de la veille. Un cinglé avait de nouveau poignardé plusieurs personnes samedi soir vers 21h00 dans le 3ième arrondissement. Comme les fois précédentes, on ne savait pas grand chose mais le mode opératoire lui restait le même.