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Bien respirer (2)


Chère Béatrice, je comprends ton impatience car dans ma lettre précédente je n'ai pas pu, ou plutôt, je ne pouvais pas encore te parler d'une quelconque finalité car nous sommes bien souvent empêchés de réaliser nos desseins en passant par toute une série d'étapes intermédiaires souvent indépendantes de notre volonté.


Tu connais cette maxime qui dit que nous ne devons jamais remettre au lendemain ce qui pourrait être fait le jour même. C'est pourquoi, avant chaque coucher tu te dois de faire une forme de bilan de ta journée et de celle à venir, en tenant une sorte d'agenda mental qui te donnera dans les grandes lignes une conduite à tenir. Ainsi ton esprit n'aura pas à faire cette sorte de travail pendant la nuit et tu gagneras alors un temps de sommeil précieux.

Je veux te dire maintenant que je ne prétends pas guérir des maladies graves, je ne possède pas les qualités ni les compétences du médecin et ne prétends pas donner des conseils à un grand malade qui ferait face à une maladie grave. Quand nous soupçonnons en nous de tels maux, souvent l'angoisse prend vite le pas sur la raison.
Non !, je parlerai plutôt de ces petits événements qu'on devrait juger sans importance mais qui pourtant nous obsèdent.

- Prenons par exemple le cas d'un témoin lumineux qui s'allumerait soudainement sur le tableau de bord de notre voiture. C'est le week-end, les garages sont fermés, le moteur tourne toujours, pourtant ce satané voyant reste allumé. C'est un voyant "moteur" qui indique un dysfonctionnement dans le moteur. Face à lui, nous sommes impuissants car comme dans le cas précédent, nous ne possédons aucune des facultés d'un garagiste. Toutefois, malgré le fait que cela ne touche pas directement notre corps, nous entrons quand même dans un moment d'incertitude, de panique dans lequel nous essayons tant bien que mal d'anticiper le moment futur.

-Attendre le lundi pour appeler le garage.
- Trouver une solution pour aller au travail, en laissant le véhicule au repos pour le ménager.

Nous entrons également dans une période de stress en jaugeant la dépense à venir.
-Est-ce que la panne est sérieuse:détérioration totale du moteur ou partielle?
- Coût des travaux de réparation?

Il est certain que même si nous tentons à un moment ou un autre pendant la journée de cesser d'y penser en détournant notre attention par d'autres tâches, on peut être certain que ces pensées morbides reviendront nous hanter à un moment ou un autre de la nuit. D’où, je te le répète encore de l'importance de relativiser tout ce qui a pu nous arriver le jour et d'en faire un bref inventaire avant de nous coucher.

Je finirai pour aujourd'hui en te disant ceci mais je promets pour la prochaine fois de te faire un petit cadeau pour que tu puisse enfin trouver un bénéfice à mes divagations.
Lorsque nous sommes couchés, c'est tout notre corps qui repose. Le flux ne monte donc plus des pieds vers la tête: il flotte, et nous pouvons ressentir plusieurs sensations différentes dans différentes parties de notre corps.

Sans rentrer dans les détails, en accord avec le sujet du jour - de ce voyant qui s'allume soudain à nouveau. Cette lumière persistante nous éveille. Nous sortons d'un sommeil profond pour un monde paradoxal, avec une impression de grosse chaleur désagréable dans tout le corps. D'un seul coup, nous sentons tous nos muscles, nos articulations douloureuses. Nous avons la bouche sèche et la tentation de nous lever brusquement est grande, pour mettre fin à cette situation frustrante. Pourtant, ce moment est un des plus important, entre la nuit et le jour- ce compas du temps qui n'existe que sur des cadrans.

Il ne faut rien hâter car, tout d'abord, nous ne savons pas vraiment si nous sommes éveillés. Certains moments de notre sommeil sont parsemés de rêves dans lesquels nous croyons être réveillés, la plupart du temps nos yeux sont ouverts et clignotent rapidement. Il est important dans un premier temps de ne pas bouger les membres même s'ils sont douloureux. On peut ouvrir brièvement les yeux par intermittence pour s'assurer si c'est le jour ou bien encore la nuit ( on conseille de laisser toujours filtrer par la fenêtre un rayon de lumière). Si l'on "pense" qu'il est encore trop tôt, on doit immédiatement réguler sa respiration, toujours par le nez pour ressentir dans tout son corps le flux. Cela aura pour effet de pacifier l'organisme ainsi que les rythmes du cœur, cette action détendra aussi votre visage et si vous sentez venir un léger sourire, vous pourrez prétendre avoir atteint un des états du Bouddha.

Il se peut également que le flux réveille en vous d"anciennes douleurs sur de vieilles blessures. Essayez de les contourner.

A partir de ce moment, deux chemins s'offrent à vous. Sur le premier, vous déciderez de vous lever en prenant bien soin de réveiller délicatement en premier vos extrémités puis progressivement vous vous étirerez pour finalement vous asseoir sur le bord du lit et enfin vous lever.

Sur le deuxième chemin et si la situation du moment s'y prête, vous vous rendormirez quelques heures en profitant sûrement de quelques nouvelles aventures et ensuite lorsque vous vous réveillerez à nouveau, je suis certain que vous aurez la sensation d'avoir passé un bon moment.
Porte toi bien.

phildid+ la science

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