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Charly




Sur un état qui périt faute de nom
Pendant ce temps Charles assis à son bureau travaillait. Il avait repris la recherche interrompue quelques semaines auparavant, un passage rapide au labo l'avait conforté dans son premier diagnostic, à savoir que toute cette affaire était bien mystérieuse. Le temps était beau mais Charles n’avait quitté la maison ces derniers jours, uniquement que pour de brèves courses, il ne descendait même pas au jardin.


A la relecture d’un communiqué de presse récent, une fois de plus, le grand Charles vit se profiler devant lui, dans la fumée épaisse dégagée par son gros cigare, le profil du syndrome de la retraite anticipée.
Les nouvelles n’étaient pas bonnes car les temps nouveaux n’étaient plus aux grandes expérimentations scientifiques. Priorité était donnée à l’élan économique, les milliards s’accumulaient dans le grand trou du renouveau et malgré tout cela le pays ne ré-décollait pas. Toutes les études et les programmes de recherche qui n’étaient pas prioritaires avaient été comme l’avait annoncé gravement le ministre de l’économie et des sciences, provisoirement interrompus ou stoppés.

Et puis pour finir, il y avait eut ce livre de Kamel Daoud qu’il avait lu dernièrement - ça avait été un choc, le grand déboulonnage de toute une génération de certitudes qui s’étaient effondrées sous le soleil
- Kamel disait « La religion pour moi est un transport collectif que je ne prends pas, j’aime aller vers ce Dieu à pied s’il le faut, mais pas en voyage organisé. »...«  Peut être Dieu ne veut-il pas que l’humanité boive pendant qu’elle conduit l’univers à sa place et tient le volant des cieux. ».
Ah ! Les temps avaient bien changés.

Charles se leva péniblement lorsqu’il entendit frapper à la porte de son appartement. Quand il ouvrit la porte, ce ne fut pas sans surprise qu’il reconnu le lieutenant d’intendance du général Stummizt qui lui tendait un pli confidentiel. Celui-ci le salua avant de s’éclipser en toute discrétion. Charles referma la porte comme un automate, tomba dans son fauteuil et décacheta nerveusement le pli, un peu en sueur, il se demandait bien ce que lui voulait l’état major.

La missive faisait état de ‘’ L’action parallèle’’...si donc on décidait d’instituer des comités à la tête desquels se trouverait un mandataire de chacun de ces départements (religion, science, instruction, commerce, industrie et justice) et qu’on lui associât des représentants des corporations et parties de la population, on créerait ainsi une organisation qui embrasserait en les ordonnant  les principales forces morales du monde, les canaliserait et les filtrerait tout ensemble. Le comité exécutif représenterait la plus haute condensation de ces forces, et il n’y aurait plus qu’à compléter cette organisation par l’institution de quelques comités et sous-comités spéciaux,  comme une section de la propagande ou plutôt de la communication, un comité pour la réunion des fonds nécessaires  et autres semblables

...Charles Dugalois serait en charge du nouveau comité ‘’recherches scientifiques approfondies ‘’, il pourrait ainsi se réserver personnellement la fondation d’un comité intellectuel pour l’élaboration des idées fondamentales, cela bien entendu en accord avec les autres comités.

phildid

Signé : Général Stummizt  en charge de l’action patriotique et de l’action projetée sur tout le territoire français et métropolitain.


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