En 2002, Orhan Pamuk
écrivait dans son roman « Neige »
-«Les islamistes font du
porte à porte, ils se font bien recevoir en groupe dans les maisons, donnent
aux femmes des ustensiles de cuisine, des casseroles, des presse oranges, du
savon en brique, du boulgour, des détergents. Ils établissent tout de suite des
relations d’amitié dans les quartiers pauvres et des relations de confiance de
femme à femme, et ils accrochent de l’or avec des épingles à nourrice aux épaules des enfants. Ils
disent :-« Votez pour le parti de la prospérité qu’ils présentent
comme le parti de Dieu. »….Mais ils ne gagnent pas seulement la
considération des chômeurs ou des plus pauvres humiliés du matin au soir. Ils
gagnent aussi celle des étudiants qui ne peuvent se mettre dans le ventre
qu’une soupe chaude par jour, celle des travailleurs, et même des petits
commerçants parce qu’ils sont plus travailleurs
honnêtes et humbles que ceux des autres partis. »
Je suis un historien
de l’antiquité romaine et quand on me parle de ces problèmes me revient à la
mémoire, ce que l’on appelle : « L’antiquité tardive. » Le monde
romain à l’époque c’était la civilisation urbaine la plus raffinée qui soit -On
avait pendant 5 ou 6/7 siècles construit une culture extrêmement raffinée et au 5ième siècle après JC, tout cela a commencé à s’effondrer notamment chez nous dans
l’Ouest. Dans l’Est à Byzance on continuera encore presque pendant un millier
d’années, mais chez nous on est très
rapidement retourné matériellement à la protohistoire. C'est-à-dire quelque
part entre le 8ième siècle et le 6ième avant JC,
matériellement et surtout culturellement parce que la lecture, l’écriture, la
formation se sont réfugiées dans quelques monastères planqués entre les rochers
du Sud de l’Italie dans une crique oubliée ou alors retirées en Irlande et
toute l’élite s’est engouffrée dans la brèche, est devenue barbare, analphabète
connaissant uniquement leurs épées et le
plaisir d’en découdre et c’est resté ainsi jusqu’à l’époque de la Renaissance
ou on a réussit à intéresser de nouveau les élites, toutes les élites à la
culture scientifique, livresque, celle qu’on apprend en lisant en écrivant ici
même. Rappelez-vous Charlemagne qui était certainement un homme extraordinaire
très intelligent qui ne savait même pas signer son nom. On lui avait fabriqué
une espèce de matrice en bois dans laquelle il essayait de mettre son nom
incapable d’écrire, même pas digne d’écrire.
John Shied
On dit de la renaissance qu'elle est un temps de remémoration de l'antique (ce qui est vrai) évidemment mais elle fut aussi portée par cette ambition là - absolue, d'un renoncement au temps qui fut , autrement dit et contre toute intuition , la Renaissance fut oublieuse et ça, c'est nous qui l'avons oublié parce que on ne la considère pas comme autre chose qu'une réactivation du passé alors qu'elle constitue (on le voit dans le cadre d'Ambroise), le passé comme passé, c'est à partir de ce moment là qu'Ambroise devient un auteur Antique, un auteur de l'Antiquité tardive, ce qui était inimaginable pour ceux qui en faisaient tranquillement un contemporain.
- Dérida (Spectre de Marx) --- Moderne c'est déjà vieux---
Nous ne le verrons que bien plus tard - La Renaissance, époque soi-disant chatoyante de grand renouveau, de laquelle aujourd’hui encore on exhibe ses beaux tableaux de châteaux endormis sur les grands fleuves. On a tord de considérer la renaissance comme un retour à l'antiquité, c'est au contraire l'invention de l'antiquité comme passé - C'est donc la séparation radicale entre l'ancien et le moderne, or cette séparation a un sens politique car elle accompagne ce que je vous propose à partir de maintenant d'appeler : L'absolutisation du pouvoir princier.
De notre histoire qui installa les comtes et les grands princes au milieu des cités bourgeoises et prospères. Là ou le règne de Machiavel commença, là ou les princes se supprimèrent et égorgèrent au nom de Dieu et des grandes familles. La renaissance qui rejeta dans le passé tout ce qui n'était pas elle au nom du progrès de l'instant présent. La divine perspective artistique, subterfuge et point de vue unique de l’œil de bœuf du grand maestro pintor. L'éclat du luxe dans la cité, le clinquant qui annonçait déjà louis XIV. La gouvernance des Évêques sur notre belle Europe...
John Shied
On dit de la renaissance qu'elle est un temps de remémoration de l'antique (ce qui est vrai) évidemment mais elle fut aussi portée par cette ambition là - absolue, d'un renoncement au temps qui fut , autrement dit et contre toute intuition , la Renaissance fut oublieuse et ça, c'est nous qui l'avons oublié parce que on ne la considère pas comme autre chose qu'une réactivation du passé alors qu'elle constitue (on le voit dans le cadre d'Ambroise), le passé comme passé, c'est à partir de ce moment là qu'Ambroise devient un auteur Antique, un auteur de l'Antiquité tardive, ce qui était inimaginable pour ceux qui en faisaient tranquillement un contemporain.
- Dérida (Spectre de Marx) --- Moderne c'est déjà vieux---
Nous ne le verrons que bien plus tard - La Renaissance, époque soi-disant chatoyante de grand renouveau, de laquelle aujourd’hui encore on exhibe ses beaux tableaux de châteaux endormis sur les grands fleuves. On a tord de considérer la renaissance comme un retour à l'antiquité, c'est au contraire l'invention de l'antiquité comme passé - C'est donc la séparation radicale entre l'ancien et le moderne, or cette séparation a un sens politique car elle accompagne ce que je vous propose à partir de maintenant d'appeler : L'absolutisation du pouvoir princier.
De notre histoire qui installa les comtes et les grands princes au milieu des cités bourgeoises et prospères. Là ou le règne de Machiavel commença, là ou les princes se supprimèrent et égorgèrent au nom de Dieu et des grandes familles. La renaissance qui rejeta dans le passé tout ce qui n'était pas elle au nom du progrès de l'instant présent. La divine perspective artistique, subterfuge et point de vue unique de l’œil de bœuf du grand maestro pintor. L'éclat du luxe dans la cité, le clinquant qui annonçait déjà louis XIV. La gouvernance des Évêques sur notre belle Europe...