Fabuleux moment inoubliable, un vendredi après midi
dans la cour de recréation de l’école de N. Des petites boules blanches glacées
tombent du ciel. D’abord quelques unes puis comme une pluie blanche elles s'accumulent. Une clameur enfle, les enfants
ramassent les petites boules blanches, ils sont émerveillés. Au fur et à mesure
qu’il en tombe plus ils tendent les mains vers le ciel en criant, leurs
visages sont rayonnants et ils crient de plus en plus fort. On dirait qu’ils
attendaient ce moment depuis si longtemps qu’ils laissent enfin échapper
leur joie. Tous ensemble forme une immense clameur de laquelle nous semblons exclus. Ce
n’est plus le monde des adultes, c’est comme une féérie qui descend du ciel, un
conte en direct, un moment magique qui n’appartient qu’a la nature.
Mesdames, Messieurs, Dans la série de conférences dont je suis chargé par la sixième Section de l’École pratique des Hautes études, je vais vous parler des fondements de la psychanalyse. Je voudrais seulement aujourd’hui vous indiquer le sens que je compte donner à ce titre et au mode sous lequel j’espère y satisfaire. Pourtant il me faut d’abord me présenter devant vous, encore que la plupart ici, mais non pas tous, me connaissent, car les circonstances font qu’il me paraît approprié d’y introduire la question, préalable à vous présenter ce sujet. En quoi suis-je autorisé ? Je suis autorisé à parler ici devant vous de ce sujet de par l’ouï-dire d’avoir fait par ailleurs ce qu’on appelait un « séminaire » qui s’adressait à des psychanalystes; mais comme certains le savent, je me suis démis de cette fonction à laquelle j’avais, pendant dix ans, vraiment voué ma vie, en raison d’événements survenus à l’intérieur de ce qu’on appelle une « société » psychanalytique, et nommément celle qui ...
