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Le Magicien


Mais le magicien se fatigue à détourner ces mains avides de chairs et de luxure - dans son chapeau plus de lapin mais seulement un vieux bout de parchemin fatigué par les âges.




C’est une vieille carte, qu’il consulte quelques fois, retrouvée dans un ancien grimoire d’illusions perdues - Elle est parsemée de petits dessins.  Son doigt long effilé suit le chemin vers l’île du soleil. Cette île est cachée aux yeux des mortels.  À mesure que sa main avance sur le plan, il est songeur.

Il n’accuse pas ces mendiants qui accroupis sur leurs genoux tremblants fouillent désespérément ses poches - Il ne dit rien, laisse faire car il sait bien que lorsqu’on ne trouve rien, on cherche plus loin encore au fond de son âme désespérément.

Le voilà parti d’un pas allègre en les laissant s’effondrer les bras tendus en avant dans la boue qu’ils serrent et pressent dans leurs mains que soudain ils regardent hébétés sans comprendre croyant toujours étreindre l’objet de leur désir adoré changé en terre gluante.
Cette fange dans laquelle ils se vautrent presque amoureusement  - ils ont oublié le magicien qui s’en est allé sans regarder ce triste spectacle, il a tant et tant à faire s'il veut gagner des Eurofilions.

- Ne peut-il pas faire apparaître ce qu’il lui plait ?
C’est quant même un drôle de magicien ou plutôt, une sorte de démon rigolard qui fait disparaître dans la rue tous les sous-vêtements juste après les avoir distribué généreusement dans son théâtre.

- Ah ! Ce fou qui amusait même les rois - Usurpateur, prédicateur, prestidigitateur, forain céleste, mémoire ambulante.
- Combien d’âmes pointent-elles leur fusil vengeur sur lui ?

Mais au coin d’une rue le voilà qui disparaît aussi subitement qu'il était apparu. On n’entend plus que son rire dans la nuit franchement amusé sur un air de piano forte. Il s’élève dans les airs en planant un moment au–dessus.
- Eux,  le regardent médusés emplis de désarroi trépignant de rage sautant sur place en vociférant.

Aujourd’hui c’est jour de fête, on a enfin pendu l’imagination et liquidé le rêve.

Le rire s’est brisé net car tous les comédiens furent arrêtés et soumis à la mise en question. 
- En fait, ils s’en posèrent tellement qu’ils commencèrent d’abord par les compter. Chacun donna un chiffre qui grandit se multiplia. On le perdit, on dû recompter ensuite il finit par se noyer et on l’oublia au fond du lac.
- Finalement feignant de s’intéresser à la vraie question, ils cherchèrent sa définition car de la question il ne restait plus que le mot mais ils l’avaient oublié aussi.

Ainsi la comédie se transforme-t-elle en tragédie. Les verres se remplissent d’amertume et on doit les boire  jusqu'à plus soif.

Dresse-toi enfin, car je te le dis encore et encore - la monnaie des seigneurs n’a plus court.

phildid

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